Bienvenue sur le site du collectif TRAC, un collectif suisse romand pour la défense des Arts Vivants.

LE TRAC FACE A L’IMPASSE

Ou le bilan d’une démarche altruiste en faveur d’un secteur menacé qui ne trouve pas vraiment preneur

En préambule, il s’agit de brièvement dresser le portrait du projet estival du TRAC et l’impasse qui lui fait face.

En effet, après avoir entrepris un recensement qui démontre aujourd’hui l’impact qu’engendre la crise du Covid, c’est à dire des dizaines de spectacles annulés, des centaines d’emplois annulés.

Après avoir discuté avec la majorité des théâtres Lausannois et Vaudois et ayant obtenu de leurs parts des prêts de salle de spectacles, de salles de répétitions et du matériel technique.

Après avoir contacté les autorités cantonales et communales avec un budget établi à 1’000’000.- de francs pour 20 spectacles et 650’000.- pour 10-12 spectacles, le collectif TRAC se trouve face à un mur financier qui met en péril l’idée d’une reprise des spectacles annulés et en attente de report pour l’été 2021.

Le projet estival, c’est quoi ?

En automne 2020, le collectif Trac pressent que l’engorgement des théâtres à venir et l’annulation complète de certains projets fera des saisons futures une période de vache maigre pour les travailleurs des arts vivants, voire une éjection du métier pour certains travailleurs.

Afin de confirmer ce pressentiment, le collectif TRAC lance un grand recensement romand afin que les compagnies impactées par la crise puissent se révéler aux yeux de tous. Un état des lieux pour mieux réfléchir.

Le recensement se remplit et en parallèle le TRAC cogite à des stratégies pour récupérer des emplois et reconquérir le public. Car autant les emplois perdus sont des salaires et des vies touchées, autant la fermeture des lieux culturels brime les citoyens dans leur accès à la culture, à la vie sociale, à la résilience. Il est donc impératif de remettre en route ces deux plans.

L’idée d’ouvrir les lieux de théâtres durant l’été 2021 et d’y replacer des spectacles annulés ou en attente de report germe. Elle paraît être une pierre essentielle à mettre à l’édifice culturel pour éviter qu’il ne s’écroule sur lui-même.

S’ensuit alors une série de réussites qui ont poussé le TRAC à peaufiner cette idée estivale.

Des rendez-vous sont pris avec les théâtres du canton de Vaud. Tous ceux contactés sont très favorables au projet. Un tableau est dressé de possibilités offertes par chaque lieu, le bilan est enthousiasmant, le TRAC a réussi à dégager 17 semaines de plateau pour des représentations, plusieurs semaines dans des salles de répétitionset un soutien technique important.

Le financement

Vient alors le temps de parler finance. Au regard du recensement, 37 spectacles seraient des candidats pour le projet du TRAC. Un premier budget est élaboré, partant du principe que l’emploi est favorisé au maximum

On estime que chaque spectacle nécessitera 2 semaines de répétitions pour 1 semaine complète de représentations. 

En dressant une liste des durées d’engagement des divers corps de métier (metteurs en scène, comédiens, scénographes, costumières, éclairagistes, techniciens) le TRAC évalue un coût global d’environ 40’000CHF par spectacle. S’ajoute à cela l’engagement d’une équipe de gestion du projet engagée pour deux mois (organisation, planification, communication, accueil compagnie, accueil public, sécurité sanitaire).

Pour reprogrammer 20 spectacles, générant environ 180 emplois, le budget se monte à 950’000CHF.

Au niveau des représentations, pour les spectacles impactés, on peut constater que seules 23% des représentations ont pu être jouées, 56% sont reportées, 15% sont en attente de dates de reports et 5% n’auront jamais lieu. Le cumul des spectacles en attente de reprogrammation et ceux annulés est de 20%, soit 458 représentations.

Le TRAC est conscient que pour financer un tel projet, il faudrait une volonté forte et coordonnée du Canton et des Communes.

Ce budget est présenté au SERAC, qui trouve par ailleurs le projet très bien, mais assure qu’il n’y a pas d’autre somme possible que les 300’000CHF du plan de transformation. Le TRAC n’a pas de garantie d’obtenir cette somme. Une commission décidera des projets à soutenir, de plus pour être éligible le projet doit trouver 20% du budget demandé.

En sus, le canton conseille au TRAC de démarcher dans chaque commune qui possède un théâtre afin de leur demander des financements. Le canton suggère également de discuter financement directement auprès des théâtres. Les dépenses réduites ces derniers temps au sein de certaines institutions pourraient être allouées au projet du TRAC.

Le collectif TRAC découvre que les plans d’urgence sont quadrillés administrativement et ne peuvent être aménagés en fonction des spécificités des propositions.

Le TRAC doit se résigner à couper la poire en deux et établir un budget pour une dizaine de spectacles. Le coût du projet passe à 550’000CHF environ.

Rappelons à ce stade du bilan que le collectif ne placerait que 2 spectacles parmi les spectacles qui seraient programmés cet été. La volonté du TRAC est d’œuvrer pour le secteur des arts vivants et non de manière individuelle. Cette vision humaniste n’entre dans aucune case.

Le TRAC rencontre à nouveau la commune de Lausanne. A ce stade du projet, si un des partenaires offre une garantie signée, il y a de fortes chances pour que les autres suivent. 

Les affaires culturelles de la ville de Lausanne trouvent le projet très bien. Elles confirment qu’elles ne pourront pas soutenir un projet à 20 spectacles. Pour la version réduite, les mesures sanitaires incertaines de cet été sont un frein au financement d’un événement qui pourrait ne pas avoir lieu. Le TRAC évoque la possibilité d’un financement par phases du projet: préparation, exécution.


Le collectif quitte le rendez-vous avec « on va examiner mieux le dossier et on reviendra vers vous ».

Illustration des démarches du TRAC

Comment aboutir le projet ?

Sous les contraintes administratives et comptables, le collectif s’est résigné à raboter un projet qui disposait pourtant d’une vingtaine de semaines de représentations possibles. 10 spectacles sur 10 semaines cela correspond à l’offre d’un grand festival de théâtre. 

Mais la démarche du TRAC n’est pas de créer un festival, c’est un plan de sauvetage. Pour le secteur des arts vivants vaudois, le projet réduit ne suffira pas à “récupérer” les spectacles annulés. Le TRAC se résigne à ne pas sauver tout le monde. Le nerf de la guerre est toujours le financement. Si les mannes financières n’existent pas alors le TRAC se voit contraint de réduire son projet pour qu’il entre dans les cases.

Le délai pour déposer le projet approche. Le TRAC a porté jusqu’à ce jour le projet de ses 16 petits bras bénévoles. Sans engagement financier, sans acte concret des pouvoirs publics et des institutions, le projet se trouve dans une impasse.

Article de Jade Albasani paru dans Heidi news le 13 février 2021

lien pour aller sur le site Heidi.news :

https://www.heidi.news/culture/quelles-perspectives-apres-la-traque-des-spectacles-annules

Collectif TRAC

aujourd’hui composé de :

Carine Barbey/ Vincent Bonillo/ C.Laure Hirsig/ Fanny Pelichet/ Marcela San Pedro/ Matthieu Sesseli/  Raphaël Vachoux/ Julien Opoix

Adresse mail de TRAC: collectif.trac@gmail.com